Quelques jours en Uruguay

Le 27 octobre, nous passons la frontière avec l’Uruguay. Notre application pour voyageurs nous annonce un petit poste-frontière pépère et rapide. C’était sans compter le zèle de notre douanier qui nous confisque l’intégralité de nos fruits et légumes, et qui aurait volontiers pris également nos œufs s’il n’avait pas eu peur de les lâcher tant il était chargé !

Nous prenons la route pour la pleine campagne, car nous allons passer une nuit chez des amis d’amis. En effet, les parents de mon amie Makis, de Normandie, possèdent une estancia en Uruguay, dont les régisseurs se proposent de nous accueillir.

Nous voici donc en Uruguay : tout est propre et très vert, avec de nombreux troupeaux de vaches en train de paître. Guillaume, qui ne sait pas qu’on appelle l’Uruguay « la Suisse d’Amérique du Sud », fait le rapprochement de lui-même ! Il ne manque que les sommets à l’horizon.

Nous arrivons à Young (prononcez Choung), petit village bien calme, à l’heure du déjeuner, sans argent local et avec plus grand chose à manger.

Nous cherchons un cadeau pour nos hôtes et optons pour une bouteille de vin. Malheureusement, c’est le premier tour des élections présidentielles et la vente d’alcool est interdite, probablement pour éviter que les esprits ne s’échauffent…

Nous nous arrêtons alors dans un restaurant qui accepte les cartes. Il semblerait qu’on soit tombés dans THE place to be : tout le monde se connaît et se salue cordialement, les clients sont pour la plupart des familles dont les enfants sont bien habillés, les hommes sont en chemise et plusieurs femmes arborent leur sac Vuitton ! On se croirait de plus en plus en Suisse…! La serveuse accepte de nous vendre une bouteille de vin, ce qui nous permettra de ne pas arriver les mains vides.

Un peu plus tard, nous sommes accueillis à la Rincon de la mulas par Felipe, Raquel et leurs enfants.

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Ils vivent en pleine nature, avec des champs à perte de vue. L’exploitation compte 2000 vaches et s’étend sur 2500 hectares ! Même le jardin est gigantesque, avec des chevaux et des moutons, et même de nombreux terriers de tatous, mais nous n’en verrons pas. Malheureusement la pluie s’invite au rendez-vous et nous passons la soirée à l’intérieur. Tout le monde fait un peu plus connaissance. Raquel et Felipe ont notre âge, leur fille Elena n’a qu’une semaine d’écart avec Camille, et leurs garçons, Jacinto et Genero, ont 6 et 7 ans. Entre télé, origamis et jeux de construction, le courant passe bien entre les enfants, malgré des dialogues très limités !

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De notre côté, la communication est parfois un peu compliquée mais on s’en sort, on apprivoise peu à peu l’accent uruguayen, encore plus prononcé qu’en Argentine. Felipe nous apprend que pratiquement toute la population ici a des origines européennes, et en particulier basque. C’est sans doute pourquoi leurs chaussures ressemblent énormément à des espadrilles et que beaucoup d’hommes portent le béret. On voit aussi dans certains villages des terrains de jaï-alaï, jeu dérivé de la pelote basque.

Après cette soirée conviviale, nous allons dormir dans notre camping-car sagement garé dans le jardin.

Nous nous levons relativement tard sous le soleil, puis je coupe les cheveux de Guillaume, ce qui n’était pas du luxe ! Nous étions tous allés chez le coiffeur en juillet avant le départ, il était temps ! J’avais l’habitude de les lui couper quand nous étions étudiants, je n’ai pas trop perdu la main, le résultat est acceptable. Ensuite, nous sommes accueillis par un petit déjeuner en plein air digne des meilleurs hôtels !

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Les enfants écossent des fèves que nous dégusterons au déjeuner, puis les grandes commencent un lexique bilingue français/espagnol.

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Felipe nous propose ensuite de faire un tour en 4×4 : tous les enfants debout dans le coffre du pick-up, c’est l’excitation ! Raquel qui est enceinte ne nous accompagne pas, pas sûre que le 4×4 en plein champ soit recommandé effectivement…


Nous circulons parmi les troupeaux d’angus, qui sont élevés ici à des fins de reproduction.
Nous voyons des jolis oiseaux à longue queue fourchue, appelés tijeretas (ciseaux), et de nombreux nandous sauvages. Il était temps, après les avoir tant cherchés dans le sud de la Bolivie ! Nous parcourons également plus d’un kilomètre le long de gigantesques tas de bois. Il s’agit de milliers de troncs d’eucalyptus, issus des 150 hectares de l’exploitation qui sont loués à une entreprise finlandaise qui fait de la pâte à papier.

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Difficile d’imaginer qu’ici s’élevaient des forêts il y a peu de temps car maintenant il ne reste rien d’autre que des terres désolées… jusqu’aux prochaines plantations sans doute ! Nous faisons une halte le long de Rio Negro, très puissant et bordé d’écume. Nous sommes en aval d’un barrage qui fait des lâchers d’eau suite aux pluies de ces derniers jours. Le jeu des garçons est de jeter des bouses séchées dans l’eau. Pour ceux qui en doutaient, ça flotte parfaitement !

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Nous rentrons déjeuner tous ensemble, puis nous devons déjà quitter nos adorables hôtes.

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En effet, c’est aujourd’hui que nous retrouvons le reste de ma famille dans une estancia un peu plus au sud. Eux ont passé quelques jours à Buenos Aires et sont arrivés par ferry à Colonia.

Sur la route, nous croisons tellement peu de voitures que les conducteurs nous saluent poliment. Nous passons sur le fameux barrage sur le Rio Negro. Il est petit, mais en-dessous, les flots se déchaînent !

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Dans les champs ou au bord de la route paissent de magnifiques chevaux et, plus improbable, nous dépassons un nandou qui semble attendre à un arrêt de bus !

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Nous croisons de plus en plus de nids d’oiseaux en terre, à même les panneaux de signalisation.

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En fin d’après-midi, nous rejoignons enfin le reste de la famille à l’estancia. Tout le monde est bien sûr ravi de se revoir, et on répartit les chambres des enfants. Nous évitons de justesse une classe verte de 30 ados qui vient d’être annulée à cause du temps, ouf !

Finalement le temps sera plus qu’acceptable, surtout pour des normands plutôt habitués au froid et à la grisaille des vacances de la Toussaint.

 

Durant ces quatre jours, nous avons tous bien pu nous reposer, et se mettre les pieds sous la table comme dit maman, avec toute une équipe qui nous était finalement entièrement dévouée ! En effet, à 18, nous occupions l’établissement principal à nous tous seuls, sans aucune pitié pour les deux retraités belges, relégués dans le bâtiment des colos !

Sans être débordés (c’était quand même les vacances pour tout le monde !), nous avons pu profiter de nombreuses activités. Les plus courageux, grosso-modo les enfants, ont réussi à se baigner une ou deux fois dans la piscine très fraîche. Les petits ont préparé quelques spectacles, tandis que les grands profitaient du terrain de pétanque, du ping-pong ou du trampoline.

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Nous avons aussi pu faire des jeux collectifs enfants/adultes, inspirés de l’époque où Eglantine était cheftaine, de ma classe verte avec mes élèves, ou de la cour de récréation tout simplement. Certains se sont essayés à la pêche dans un petit étang, mais nous ne dévoilerons pas ici le résultat de l’opération…

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Le premier matin, nous avons trait à la main la vache de la ferme, qui s’appelait Marcaretta (et non pas Marguerite, ça change !) Tout le monde y est arrivé, mais pas suffisamment vite au goût du fermier qui a préféré finir lui même.

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L’après-midi, nous sommes allés nous balader en charrette, pour aller faire un tour dans les vignes, toujours entourés d’oiseaux : faucons, bécasses, perruches, etc.

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L’estancia comprenait également un grand pré dans lequel on pouvait trouver des capibaras (gros rongeurs d’Amazonie que nous avions déjà croisés il y a quelques années lors de notre voyage de noces au Brésil), un paon qui nous réveillera toutes les nuits (et qui, lui, nous rappellera la maison de mes grands-parents paternels à deux pas du zoo de La Flèche), des nandous, des lapins, une basse-cour, etc.

Les filles attendaient cela depuis longtemps : elles ont fait une grosse soirée pyjama dans le camping-car, elles y ont dormi sans parents, mais avec les trois cousins les plus motivés. Et finalement ne se sont pas endormies plus tard que d’habitude…

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Nous avons également pu monter à cheval deux jours de suite. S’agissant de chevaux et non pas de poneys, les enfants montaient devant nous, au pas, voire au petit trot. Lors des tours suivants sans enfants, Eglantine tenait absolument à faire un peu de galop. Or, si elle sait monter, ce n’est pas mon cas, mais j’ai pu faire illusion sur cette courte distance. Le lendemain, la balade était plus longue, entre adultes. Les enfants et quelques adultes ont fait le trajet en carriole. Maman, Eglantine, Henri, Sibylle et moi, y sommes allés à cheval et avons donc fait du trot et du galop. À part de bonnes courbatures le lendemain, aucune chute à déplorer !

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L’objectif de la balade était d’aller admirer le point de vue depuis la Sierra Mahoma, un des principaux points d’intérêt du pays d’après le guide, qui culmine à… moins de 300m d’altitude…! Le paysage est joli, mais pas non plus transcendant.

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Le dernier jour, petite frayeur. Le chauffeur avec son mini-bus arrive avec un jour d’avance pour emmener tout ce petit monde prendre son avion à Montevideo. Son voucher indique bien la date du jour. Après avoir tout vérifié, c’est bon, leur vol n’est bien que demain !

L’après-midi, nous capturons des moutons au lasso. Activité organisée exclusivement pour divertir les clients, puisqu’ils sont ensuite remis dans le même champ, mais qui nous vaudra de bons fous rires devant les différentes techniques utilisées…! Ça reste un des meilleurs souvenirs des filles.

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Le premier jour, nous avons été un peu surpris de voir la vache Marcaretta brouter tout autour de la salle à manger pendant les repas, le lendemain c’était un cheval, et le dernier jour un renard qui nous rôdait autour, pas intimidé du tout !

Le 1er novembre, il est temps pour les vacanciers de rentrer en France, cette fois-ci c’est la bonne. Nous les laissons partir, un peu émues pour certaines, et prenons la route pour Colonia. On nous avait conseillé les plages du Sud et de l’Est de l’Uruguay, mais nous devons sans tarder nous diriger vers la Patagonie pour ne pas louper les baleines à la péninsule Valdés.

Nous nous octroyons juste un petit détour par Colonia del Sacramento. Cette jolie ville est située de l’autre côté de l’immense embouchure des fleuves Uruguay et Paraná, juste en face de Buenos Aires. Malheureusement, notre camping-car ne tient pas dans les ferrys et nous devrons remonter passer la frontière 200 km plus au nord pour rejoindre l’Argentine.

Colonia est une jolie ville, coloniale donc, comme son nom l’indique. Elle a été fondée par les Portugais en 1680, conquise par les Espagnols en 1777, puis finalement reprise par les Portugais avant d’être récupérée par les Brésiliens ! Nous nous baladons d’abord le long du Río de la Plata, puis nous remontons dans la vieille ville pour en franchir la porte monumentale qui traverse les larges remparts.

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Nous arpentons ensuite ses rues pavées, le long de jolies maisons colorées et un peu décrépies. Guillaume monte en haut du phare avec les deux grandes, pour avoir une belle vue sur la ville et le delta. L’accès n’est autorisé qu’à partir de 8 ans, on a un peu triché pour Rosalie, mais même si Olivia est très grande et évidemment très intelligente, il y a des limites…

Après ce joli tour dans la ville, nous reprenons la route pour dormir un peu plus loin. Nous nous éloignons de la route et nous garons entre un champ et une église abandonnée. Un orage grondera toute la soirée, provoquant même une légère inondation dans la salle de bain.

Le lendemain, nous passons la frontière : nous voici pour la troisième fois en Argentine, et cette fois-ci pour un bon moment !

4 commentaires sur “Quelques jours en Uruguay

  1. Belle balade dans cette « Suisse » de l’Amérique du sud! Les riches « estancias » n’ont plus de secrets pour vous et ont de surcroît permis aux enfants de passer d’excellents moments au contact des animaux exotiques…et d’enfants du pays!…Maintenant c’est l’Argentine qui vous tend les bras…

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