Un aperçu du Paraguay (9 – 18 octobre)

Après un passage de frontière sans encombre, nous roulons en direction d’Asuncion, la capitale du Paraguay.

Asuncion est collée à la frontière mais la route d’accès nous oblige à contourner la ville par le nord et à passer par des kilomètres de faubourgs, avant de traverser une grande partie de la ville pour rejoindre le spot que l’on a choisi.

Il s’agit d’un hôtel tenu par un couple germanophone, l’hôtel Westfalia, qui bénéficie d’un terrain susceptible d’accueillir les voyageurs. L’hôtel dispose en outre d’une piscine, autant dire que les filles ont été rapidement convaincues par notre choix…

Nous captons très mal et avons un peu de mal à trouver l’endroit. Alors que nous avançons à faible allure pour essayer de nous repérer, un homme vient vers nous en faisant de grands signes. Un français qui cherche à nous aider. Manifestement installé ici depuis un moment, il a un peu de mal à trouver ses mots en français, sans pour autant avoir l’air de très bien parler espagnol. Il ne connaît pas l’hôtel mais nous recommande de retraverser la ville pour rejoindre le quartier des hôtels de luxe. Bref. L’intention est sympathique, mais il n’est pas d’une grande aide…

Nous finissons par rejoindre le Westfalia. A notre arrivée, nous découvrons un véhicule français assez impressionnant. Il s’agit d’un ancien camion de pompiers totalement réaménagé. Dominique et Céline voyagent avec leurs deux enfants, Camille et Louis, âgés de 14 et 9 ans. Ce sont les « Coccinatus ». Ils sont partis depuis 15 mois sans retour prévu…!

Il fait terriblement chaud et les filles se précipitent dans la piscine où elles passent la fin de l’après-midi.

Nous avons rendez-vous le lendemain (le 10) avec un potentiel acquéreur pour le camping-car. Nous avions commencé à poster des annonces sur internet il y a quelques semaines et il est en tout cas suffisamment intéressé pour faire 450 km aller pour venir le voir !

En attendant ce monsieur, nous déjeunons dans le restaurant allemand de l’hôtel. Camille, en fidèle petite-fille de sa grand-mère paternelle, commande une choucroute ! Vu le nombre de paraguayens ayant des origines allemandes, c’est presque un plat banal ici !

L’après-midi, au bord de la piscine, nous faisons la connaissance d’une autre famille de français : Yvette et Aurèl, qui voyagent avec leurs trois enfants, Titouane, Liloanne et Kynan; les « Tiliky ». Ou plus exactement qui voyageaient car eux se sont arrêtés ici pour s’installer à Asuncion, après près de deux ans de voyage en Amérique latine ! Les enfants s’amusent bien, ce qui nous permet de faire la visite du camping-car avec notre acquéreur potentiel au calme ! Le matin, je l’avais déposé chez un lavadero pour un petit « lifting » extérieur, et Margue avait assuré un grand ménage et rangement à l’intérieur.

Ils sont intéressés, mais doivent se renseigner sur le surcoût lié à l’importation du véhicule au Paraguay… On verra bien, on a encore le temps !

Le vendredi matin, nous partons de bonne heure pour nous balader un peu dans le centre d’Asuncion. Il n’y a pas énormément de choses à voir ou à faire, et à nouveau la température monte en flèche très rapidement. Il doit faire un bon 40 degrés dès 10h30…

Nous passons devant le palais du Gouverneur, et allons visiter une sorte de petit panthéon à la mémoire des héros de l’indépendance du pays ; Olivia est très recueillie…

Les fameuses places indiquées dans notre guide (qui est très périmé) sont depuis transformées en bidonvilles géants et où il est recommandé de ne pas s’attarder…

On peut également voir des immeubles coloniaux, et de jolies fresques réalisées par des street artists.

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Dans la rue, comme dans les voitures ou dans les magasins, tous les Paraguayens sirotent leur Téréré. Cette boisson nationale est la version froide du maté argentin. Les feuilles sont réduites en poudre et remplissent une pleine timbale, la guampa, tandis que l’eau bien fraîche est stockée dans un gros thermos recouvert de cuir. L’eau est ensuite filtrée par une paille spéciale, la bombilla.

Le téréré est une véritable industrie ici, on peut en acheter à tous les coins de rue. Les gens font les courses avec leur thermos sous le bras, même les policiers qui font la circulation en ont un posé à proximité. Nous avons vu tous les élèves d’une classe en sortie scolaire faire la queue devant la maîtresse et son thermos !

Écrasés de chaleur après cette visite de la ville, nous rentrons à l’hôtel pour un dernier plongeon avant de nous rendre chez les « Tiliky » qui nous ont proposé de passer chez eux. C’est donc tout naturellement que nous partageons le Téréré ! C’est assez bon, à peine amer, un peu acidulé et surtout extrêmement rafraîchissant, ce qui est indispensable ici. La coutume veut qu’il n’y ait qu’une guampa à partager, qui passe de main en main. Et tant qu’on en veut encore, il ne faut pas remercier; on ne remercie que pour signifier qu’on passe notre tour.

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Après avoir passé la fin de journée chez les Tiliky à discuter de leurs projets et à prendre quelques idées pour la suite du voyage, nous partons en direction d’un camping (Hasta la Pasta), tenu par des suisses allemands et dont on nous a parlé jusqu’à Cusco au Pérou ! C’est à une cinquantaine de kilomètres.

Nous arrivons vers 20h30 et sommes accueillis en premier lieu par des chiens un peu agressifs. Les filles ne sont pas très rassurées mais ça ira mieux quand il fera jour !

Il y a 2 véhicules de suisses allemands sur place, une femme seule et un couple plus âgé. Le camping est superbe, tout est très propre et bien pensé. Il y a encore une petite piscine et on respire un tout petit plus que dans Asuncion. Notre hôte est réputé auprès des voyageurs à travers l’Amérique latine pour ses pâtes qu’il fabriquait lui-même, d’où le nom du lieu, mais il a dû arrêter à la suite d’un AVC.

Après deux nuits sur place, nous continuons notre route vers l’est, à la rencontre cette fois-ci d’une famille de français qui s’est installée ici pour accueillir des voyageurs à l’issue de leur propre périple.

Sur les conseils des Tiliky, nous nous arrêtons en chemin dans la petite ville d’Atyra pour visiter une sorte de cloître. Le cadre est magnifique et très paisible.

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C’est la fête du village qui plus est. On en profite pour déjeuner sur place. C’est finalement assez cher et pas très bon, mais l’immersion est totale ! Chacun de notre côté, nous faisons connaissance avec des locaux intrigués par notre petite famille. Quand je dis à mon interlocuteur que je trouve qu’il fait un peu chaud (voire un peu étouffant après ces quelques semaines passées au Pérou et en Bolivie), il me rit un peu au nez ! Certes il fait un bon 35, mais ce n’est que le printemps et il fera 10 degrés de plus en plein coeur de l’été !

Alors que les peuples traditionnels des Andes parlaient quechua, les populations rurales du Paraguay sont des indigènes guaranis, avec une langue très différente de l’espagnol, que certains ne parlent même pas ! Ils sont très nombreux, et la plupart des écoles dispensent les cours dans les deux langues.

Nous repartons en début d’après midi vers le camping « Tranquilo ».

Cette fois-ci c’est à Sucre en Bolivie qu’on nous a parlé de cet endroit. Charles et Aurélie étaient restaurateurs en France et sont venus s’installer au Paraguay après avoir voyagé avec leurs 2 enfants Lou- Ann et Anthony pendant 18 mois en Amérique latine. Ils ont acheté un terrain et installé un restaurant qu’ils gèrent pendant l’été, une piscine (vide à cette période) et un grand abri circulaire, le quincho, autour duquel peuvent s’installer les véhicules. L’endroit porte bien son nom, tout est calme par ici !

Camille passe la journée avec Lou-Ann avec laquelle elle n’a que quelques mois d’écart. Ça lui fait plaisir car habituellement les familles de voyageurs n’ont pas de « grands ».

Une autre famille de français, Fred et Marie, avec leurs enfants Louis et Arthur, est installée ici depuis plusieurs mois, en pause dans leur périple. Les deux garçons vont à l’école du village.

Depuis que nous sommes partis, nous rencontrons principalement des familles de voyageurs qui ont tout vendu en France et qui n’ont pas de date de retour. Notre retour, à la maison, dans déjà 7 mois, nous paraît finalement bien confortable !

Tout le système scolaire semble très détendu ici. Les enfants vont en classe en uniforme, mais s’ils ne l’ont pas, tant pis. Ils ne viennent pas quand il pleut car les routes peuvent être mauvaises, pas non plus quand il fait froid (10 degrés) pour ne pas tomber malade, etc. Les effectifs ne sont pas fiables car il est rare qu’une classe soit au complet. Les enfants français ont intégré une classe qui ne correspondait pas forcément à leur âge ou à leur niveau, pour rester ensemble par exemple. Les profs aussi sont souvent absents, ou alors ils changent de classe.

Les 4 filles préparent un spectacle pour le deuxième soir. Au programme : danse, tours de magie, et flûte ! Pas mal du tout !

Photo de Guillaume

Après deux nuits sur place, nous repartons vers l’est en direction des chutes d’Iguazu. Nous sommes le 15 et nous avons rendez-vous le 19 sur place avec la famille de Margue. Pour être tranquilles, nous avons décidé de passer la nuit du 18 dans l’hôtel où nous les retrouverons. Il nous faut donc avancer !

Nous poursuivons donc notre route plein est. Les kilomètres défilent. Partout, tout est très vert, cela nous change beaucoup de tout ce que l’on a vu jusqu’à présent où tout n’était que poussière.

En revanche, ici l’industrie agro-chimique et l’agriculture intensive sont rois ! En témoignent les publicités géantes que l’on croise tous les 100m sur le bord de la route.

Alors que nous traversons un petit village, la police nous arrête pour excès de vitesse, avéré cette fois. L’amende est officiellement de plus de 100 euros. C’est un peu raide ! Après discussion, on s’en sort pour une douzaine d’euros. Ouf !

Après une nuit dans une station service, nous arrivons le 16 dans l’après-midi à Ciudad del Este, la ville frontière côté paraguayen après nous être arrêtés déjeuner au bord d’un lac.

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Sur les panneaux jaunes au bord de la route, fourmiliers, coatis et tatous ont remplacé les lamas et les nandous.

Avant de passer la frontière, nous souhaitons visiter le barrage d’Itaipu sur le fleuve Parana, et un parc naturel à proximité qu’on nous a également recommandé et dans lequel on aimerait passer la nuit. Malheureusement à notre arrivée vers 17h il n’est plus possible d’y rentrer. Nous décidons donc de passer une nouvelle fois la nuit dans une station service à proximité. Nous pourrons visiter le barrage le lendemain matin et aller faire un tour dans le parc par la suite.

Nous nous rendons au barrage le matin du 17 et partons pour une visite en car. Ce barrage est gigantesque : près de 8km de long ! En activité depuis 35 ans, il fournit à lui seul 90% de l’électricité du Paraguay et plus de 15% de celle du Brésil. Selon les critères, c’est le premier ou deuxième plus grand barrage au monde. On vous passe les chiffres techniques, mais pour vous donner une idée de la construction, la quantité d’acier utilisée équivaudrait à 380 Tours Eiffel !

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Là-bas, nous croisons pour la première fois une famille Mennonite. Il s’agit d’immigrés protestants, arrivés d’Allemagne dans les années 30 (contrairement à d’autres arrivés plutôt en 1945…). La plupart parlent allemand ou même un dialecte de « bas allemand », et un peu comme les Amisch, vivent de manière austère. Ils sont tous propriétaires terriens, et sont plus ou moins stricts dans leur refus de la modernité et de la contraception. Ceux que nous croisons semblent presque sortis de la petite maison dans la prairie.

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Après la visite, nous reprenons la route du parc Tati Yupi dans lequel nous n’avions pas pu entrer la veille. Une piste de 7km nous conduit au bord du lac artificiel en amont du barrage. Nous déjeunons sur place et profitons des installations du parc : tyrolienne, petit tour à cheval (sacrément grand par rapport à Olivia !), et balade en calèche. Nous voyons quelques singes, les premiers du voyage !

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Nous nous dirigeons enfin vers Ciudad del Este pour notre dernière nuit au Paraguay. On nous a recommandé un endroit en plein centre-ville qui accueille gratuitement les voyageurs. Il s’agit d’un « club social », sorte de parc doté de plusieurs aires de jeux. Outre une belle basse-cour, y voit également des paons et des nandous (enfin !) en liberté, ainsi que des volières avec des perroquets et des toucans. Pour couronner le tout, les filles aident le gardien à nettoyer la petite piscine pour qu’il puisse la leur remplir !

 

Nous partons le 18 aux aurores pour passer la double frontière (Brésil puis Argentine) en direction d’Iguazu où nous retrouverons les cousins le lendemain.

Bien que très succinct au regard de notre séjour en Amérique latine, ce périple paraguayen nous aura bien plu – malgré la température. Les gens sont très accueillants, tout est propre, la nature est luxuriante et le pays encore relativement épargné par le tourisme au regard de ses voisins !

3 commentaires sur “Un aperçu du Paraguay (9 – 18 octobre)

  1. Toujours aussi sympa de lire les récits de votre périple !
    Et étonnant de vous entendre parler déjà de la vente de votre camping car. Ca se trouve vous changerez d’avis d’ici là et déciderez de vous poser pour quelques mois dans une petite bourgade du Paraguay 😉

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  2. Toujours aussi plaisant de lire le compte-rendu de votre road trip: que de cultures, de peuples et de paysages différents cotoyés en peu de temps. L’expérience Paraguayenne vous laissera de bons souvenirs: attention à ne pas siroter trop de téréré en conduisant, mais les amendes semblent être à géométrie variable contrairement à chez nous !!!

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  3. Merci de nous faire voyager ainsi avec toujours beaucoup de détails ! Vos publications sont toujours attendues avec impatience. Je vais me rapprocher de vous… car nous partons avec mon mari voir notre plus jeune fille Marianne qui etudie à Buenos Aires. départ vendredi 1er pour 10 jours. Nous serons aux chutes d’Iguazu du lundi soir 4/11 au mercredi 06/11 !!! Un magnifique dépaysement en perspective ! Bises.

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