Potosi, Sucre et Tarija, dernières étapes avant l’Argentine (17 – 27 septembre)

Avant de quitter Uyuni pour remonter vers le nord, nous décidons de nous arrêter au cimetière des trains. En périphérie de la ville une série de locomotives à vapeur hors d’âge et de wagons éventrés sont conservés ici, en plein air, ne demandant qu’à être escaladés, pour le plus grand bonheur des filles qui déambulent dedans pendant une bonne heure. Elles pénètrent même dans une ancienne chaudière, aidées par un groupe de jeunes français.

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Je profite de ce moment de calme pour bricoler un peu dans le véhicule.

Contre toute logique géographique, nous avions filé directement vers Uyuni et le sud du pays depuis Sajama, faisant l’impasse sur les villes de Potosi et de Sucre, pour rejoindre la famille Prévot en prévision de notre séjour dans le salar.

Nous reprenons donc la route vers le nord, en direction de Potosi. Potosi est une ville minière nichée à plus de 4000m d’altitude.

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Ville la plus peuplée du continent derrière Mexico à la fin du XVIIème, elle est faite de ruelles étroites et terriblement pentues, à tel point que plusieurs voyageurs rencontrés en route nous ont déconseillé de nous y aventurer avec notre véhicule de 7m et quelques 3,5T.

Sur la route, pour la première fois, les panneaux habituels indiquant la présence de lamas sont remplacés par des panneaux signalant la présence de nandous, sorte d’émeu local. Nous les guettons car nous n’avons pas encore eu l’occasion d’en voir réellement, sans succès. Ce n’est pas très grave, nous devrions en croiser plus tard dans le voyage !

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Le paysage change et nous réalisons que c’est la première fois que nous croisons des arbres depuis bien longtemps ! Et effectivement, un panneau touristique nous les indique, signe qu’ils restent rares à cette altitude !

Après avoir dormi en pleine nature à l’approche de Potosi, nous contournons donc la ville et prenons la route de Sucre, capitale administrative de la Bolivie toujours plus au nord.

Nous y arrivons en fin de journée après une route sans encombre. Marguerite a déniché une adresse en centre-ville. C’est une sorte de petit camping aménagé. Nous avons accès à un petit terrain pour nous garer et pouvons utiliser les douches ainsi qu’une petite salle commune, parfaite pour l’école !

Nous rencontrons sur place Thomas et Sara, deux francais voyageant en van aménagé depuis près d’un an en Amérique latine. Olivia se prend de passion pour eux et passe son temps à leur parler, avec toute l’énergie qui la caractérise…

Sucre est une très belle ville, faites de ruelles bordées de bâtiments blanchis à la chaux et tous dotés de toits. Cela peut paraître anodin mais cela nous change des murs de briques rouges, de l’adobe, et surtout des maisons systématiquement inachevées, croisées jusqu’à présent dans la plupart des villes.

 

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Nous passons trois jours sur place, avec invariablement école le matin et balades l’après midi.

Nous rencontrons une famille de français dans un resto. Ils voyagent en bus dans toute l’Amérique du sud avec leurs deux enfants de 8 et 11 ans. L’aîné a même emporté son violon !!

Nous passons par hasard au gré de nos balades devant l’Alliance française. Nous y entrons et les filles restent près d’1h30 à feuilleter livres et BD dans la bibliothèque.

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L’Alliance française est installée dans une maison de style colonial, ouverte sur un patio où quelques tables sont disposées, à l’ombre d’un gigantesque palmier. Nous y reviendrons déjeuner deux jours plus tard.

Le marché central de Sucre est superbe. Les étals de fruits qui bordent l’entrée laissent progressivement la place aux boucheries, aux vendeurs de légumes, de pain, de pommes de terre et autres quincailleries. On trouve de tout, et notamment des tapettes à mouches, que les filles guettaient depuis un moment (sans en avoir réellement besoin d’ailleurs) ! Nous goûtons également des jus de fruits fraîchement pressés !

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Le dernier jour, nous grimpons sur les hauteurs de Sucre jusqu’à une petite place d’où l’on surplombe toute la ville. Nous trouvons quelques stands de tissus et d’artisanat. Avec moins de deux euros, les filles partent s’y promener en autonomie et reviennent chacune avec un bracelet ou autre petit lama tissé, âprement négociés par Camille qui se débrouille même pour aller faire de la monnaie sur un autre stand ! Nous sommes assez agréablement surpris de cette autonomie grandissante !

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De notre côté, une fois n’est pas coutume, nous irons faire un peu de shopping dans une boutique Levi’s.

Avant de repartir vers le sud pour cette fois franchir la frontière argentine, nous décidons de faire une halte à Tarabuco, petit village situé à une soixantaine de kilomètres de Sucre, réputé pour son marché d’artisanat.

Nous quittons donc Sucre de bonne heure le 22 septembre afin d’arriver vers 9h30 à Tarabuco où nous déambulons une bonne heure.

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Le marché n’est plus aussi authentique et reculé qu’il a dû être, mais il vaut effectivement le détour. Nous achetons des hamacs et les filles en profitent pour essayer les chapeaux locaux.

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Une piste rocailleuse nous permet d’éviter de retourner jusqu’à Sucre et de retrouver rapidement la route de Potosi.

L’activité touristique la plus réputée de la ville est la visite d’une de ses mines d’argent. Les tours consistent à déambuler dans les galeries, habillés comme des mineurs, en gratifiant les véritables mineurs au travail de cigarettes ou autres en échange d’une photo. Déjà peu emballés sur le principe, nous décidons définitivement de passer notre chemin quand nous apprenons que certaines mines font encore travailler des enfants !

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Quand nous arrivons dans la ville, nous sommes dimanche après-midi, et visiblement de nombreuses personnes sont bien alcoolisées…! Alors que nous commençons à regarder les options possibles pour passer la nuit, un bruit relativement strident se fait entendre sous le châssis lorsque l’on roule. Je vérifie les roues et jette un oeil sous le véhicule mais rien ne me saute aux yeux. Sans être particulièrement inquiets, nous préférons passer la nuit dans la ville pour nous rendre au garage le lendemain. Nous nous garons dans une ruelle à l’écart de la route principale. La nuit est agitée, nous sommes cernés par une meute de chiens qui aboient sans cesse en grondant aux abords du CC.

Le lendemain nous nous rendons au premier garage qui nous inspire. Le patron vient faire un tour avec nous et pose rapidement son diagnostic. Une pièce du cardan a lâché et doit être changée. Je pars avec lui en ville pour en acheter un. Nous ne trouvons pas la bonne pièce mais en achetons une d’une autre marque, avec quelques découpes et soudures, elle fera l’affaire !

Le temps de démonter tout l’arbre de transmission, d’ajuster la pièce pour qu’elle soit bien adaptée et de remonter le tout, nous quittons le garage et la ville de Potosi par la même occasion en milieu d’après-midi. En route vers le sud et la ville de Tarija, dernière grosse étape avant la frontière argentine.

Nous avons repéré un lieu pour passer la nuit, près de la route mais plutôt à l’abri, sur un terrain plat à proximité d’une petite rivière. Seul bémol, il faut se glisser dans une ouverture très étroite dans la glissière de sécurité le long de la route. Il fait déjà nuit à notre arrivée ce qui complique encore un peu les choses. Après avoir repéré les lieux, cela nous semble faisable et je m’engage donc entre les deux extrémités de la barrière. Et ce qui devait arriver arriva : l’ouverture est suffisamment large mais la petite piste tourne immédiatement et je suis obligé de braquer avant d’avoir pu entrer totalement, afin de ne pas déraper. Crrrac, le coin de la glissière enfonce la paroi du véhicule et fait un trou de quelques centimètres de long au niveau de la conduite de chauffage.

Nous rebroussons donc chemin et allons nous garer sur le côté de la route pour dîner, avant de repartir en quête d’un lieu pour la nuit, une fois les filles couchées.

Comme si la panne et l’accrochage de la paroi n’avaient pas suffi pour la journée, j’accroche un feu arrière en repartant, qui prend misérablement, tenu par quelques fils électriques, quelques minutes après avoir cassé les charnières de la trappe d’évacuation des eaux usées, grippées par la poussière.

Il y a des jours comme ça !

Nous dénichons finalement un lieu pour la nuit, en surplomb de la route principale.

Il me tarde d’arriver à Tarija pour réparer ces quelques accrocs, plus pénibles que véritablement gênants ou graves.

A Tarija, nous passons deux nuits dans un camping. Pablo et Fernanda nous accueillent sur leur terrain. Ils ont deux enfants dont une petite Fiorella âgée de presque 3 ans avec laquelle les filles jouent sur la grande aire de jeux qui trône au milieu du jardin.

Marguerite y trouve sa nouvelle source d’inspiration, directement taguée sur le mur :

« Viaja, el dinero se recupera, el tiempo no. »

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Le camping est collé à une école de police. Toute la journée nous profitons du clairon, quand ce n’est pas la séance de sport devant la grille du jardin.

Sur place nous rencontrons une famille de français, venant du Mans : Jérôme et Caroline et leurs enfants, Hippolyte et Achille, les CapA4. Les enfants passent la soirée ensemble pendant que nous échangeons anecdotes, conseils et bonnes adresses entre adultes.

Le lendemain, pendant que les filles travaillent, je répare le feu arrière et la trappe. Pour le trou, il faudra probablement passer chez un carrossier pour mettre un peu de résine mais cela peut attendre.

Du côté de Salta en Argentine se trouve une montagne dite aux « quatorze couleurs » qui semble mériter le détour. Plusieurs options s’offrent à nous pour y aller : soit nous prenons la route principale pendant près de 600km, soit nous prenons la piste – dont on nous assure que bus et camions l’empruntent – pour moins de 150km.

Nous décidons de tenter la piste, quitte à rebrousser chemin si nécessaire. Après une nuit très paisible en bord de piste, nous repartons en direction de Villazon.

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Il nous reste une centaine de km à parcourir. On est de nouveau un peu hors du temps. Les charrues sont tirées par des boeufs quand elles ne le sont pas par des hommes.

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Nous apercevons même ce qui nous semble être des condors. Nous en avions déjà vus à Tarija sans certitude mais nous pouvons les voir de beaucoup plus près cette fois-ci ce qui confirme notre hypothèse.

Après avoir franchi plusieurs gués, nous arrivons devant un nouvel obstacle qui nous fait hésiter.

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En plus de l’eau, la boue s’invite cette fois-ci à la fête et le terrain semble extrêmement meuble. Nos visas nous imposent de sortir d’ici 3 jours de Bolivie : nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous réalisons surtout que même dans le cas où nous arriverions à nos fins cette fois, il nous reste une centaine de km à parcourir. La probabilité que l’on arrive au bout est trop faible. Nous rebroussons donc chemin pour rejoindre la grand route en direction du poste frontière de Bermejo.

Après avoir pris deux stoppeuses, et poursuivi notre descente de 3000m à 500m, nous atteignons Bermejo à la nuit tombée.

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Le poste frontière ferme pour la nuit. Nous nous garons donc dans une ruelle à l’écart de la route afin de passer la frontière le lendemain (le 28).

Quelques observations faites au fil des kilomètres, par la copilote :

Ici, chaque maison a son four rond en adobe dans le jardin. Chaque village a sa jolie place carrée au centre de laquelle trône un statue du héros ayant donné son nom au lieu. Les aires de jeux, depuis que nous sommes arrivés en Amérique du Sud, sont aussi très nombreuses et fournies. Les jeux sont en métal peint, les balançoires tape-cul sont très hautes et les toboggans très très pentus !

Le sport semble occuper une place importante ici. Le moindre village est équipé de son terrain de sport couvert, et l’après-midi, tous les écoliers troquent leur uniforme pour leur maillot de foot ! Sport dans lequel les filles semblent au moins aussi représentées que les garçons !

Au bord de la route, et comme au Pérou, on aperçoit de nombreuses peintures en vue des élections. Mais là il ne s’agit plus comme au Pérou des élections législatives dans lesquelles les partis étaient représentés par un lama ou un poisson ; il s’agit des présidentielles qui auront lieu fin octobre. Evo Morales joue sa réélection ! En tout cas, nous avons pu observer que ses partisans sont, sinon les plus nombreux, au moins les plus actifs pour peindre le moindre rocher, mur, arbre, pont, trottoir ou lampadaire à ses couleurs : bleu, blanc, noir, ou à son effigie ! Nous n’oublierons pas de sitôt son bon sourire et son front bas…

Au fur et à mesure que nous descendons vers le sud, les physiques changent aussi. A Sucre, de nombreuses personnes ont la peau bien plus claire, on ne sait pas toujours si ce sont des locaux ou des touristes. Enfin, plus on descend vers le sud et Tarija, moins on voit de costumes traditionnels, et les femmes ont les traits plus fins.

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6 commentaires sur “Potosi, Sucre et Tarija, dernières étapes avant l’Argentine (17 – 27 septembre)

  1. Ces problèmes mécaniques et de tôlerie ne sont pas importants tant qu’ils vous laissent la possibilité de rouler en sécurité: l’essentiel, c’est de conserver le cap, la bonne humeur de toute la famille, la joie de découvrir des sites fantastiques et des peuples attachants !!! Prenez quand même bien soin de vous…Et aujourd’hui particulièrement partagez notre deuil national suite au décès de Jacques Chirac: je sais qu’il ne laissait pas indifférents les peuples d’Amérique du sud…

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